La vie de Monsieur Martial PIMONT de PALIKAO

Parmi les personnes qui ont marqué Palikao d'une très forte empreinte, il y a lieu de citer Monsieur Martial PIMONT.Ses qualités de pédagogue, ses services rendus à la collectivité, son sens de l'honneur et son affabilité naturelle, suscitent, encore à ce jour, le souvenir d'un homme qui fut unanimement apprécié des Palikalois.

En hommage à sa personne, voici, retracé en quelques lignes, ce que fût sa vie.

Martial, Joseph PIMONT naquit le 2 juillet 1894, à Périgueux (Dordogne), Bien que d'origine paysanne, il ne fût guère tenté par l'agriculture et préféra continuer ses études secondaires. Désirant poursuivre une carrière d'enseignant, il entra à l'école normale de Périgueux.
Peu de temps après le début de la grande guerre, il fut mobilisé le 4 septembre 1914 au 108ème régiment d'Infanterie de Périgueux puis, dirigé sur Bergerac où, titulaire du brevet d'aptitude militaire, il suivit le peloton d'élève sous officier ..
Il fut ensuite affecté, avec le grade de caporal à la 4è1e compagnie du bataillon de marche du même régiment qui se dirigea vers le front de Champagne, à Matougues près de Chalons sur Marne .
.Avec la 3ème compagnie du 84è'ne régiment d'Infanterie d'Avesnes, il se rapprocha du front en rejoignant Ville en Woëvre proche de Verdun.
C'est dans ce dernier village que le caporal Pimont prit véritablement conscience de la guerre et plus particulièrement des horreurs et calamités de celle-ci.. Puis avec sa section il se rendit dans la zone des tranchées et participa à l'attaque à la baïonnette des lignes allemandes.
C'était pour lui le baptême du feu où,.dans une course folle , au milieu de l'éclatement des obus ,du sifflement des balles et des rafales de mitrailleuses, baïonnette au canon, il tenta avec sa section d'atteindre les tranchées ennemies. Contraint de se replier, il sauva sa vie grâce à un trou qu'il creusa à la hâte pour se protéger. .Les pertes furent sévères. De toute la compagnie 80 hommes seulement restèrent opérationnels. Le Capitaine qui la commandait fut tué.
Dans les secteurs de Berry au Bac et de la côte 108 de triste mémoire, il prit part avec ses camarades fantassins, à de nombreux combats tout aussi meurtriers.
Ce n'est qu'en octobre 1915, que sa section fut relevée du front pour, après plusieurs journées de marches harassantes, rejoindre de cantonnement en cantonnement Epernay.
Par chemin de fer, sans la moindre explication, il fut dirigé avec ses camarades, sur une destination inconnue et, ce n'est qu'aux Aubraies près d'Orléans qu'il apprit que sa compagnie avait reçu l'ordre de rejoindre le front d'Orient .
Arrivée à Salonique, sa compagnie regagna Kolù, où elle échangea ses premiers coups de feu, avec la troupe bulgare, au cours de combats meurtriers qui, la contraignit à battre en retraite. Là encore, le caporal Pimont connut les rigueurs de l'hiver, le manque ce nourriture, les poux, le paludisme, la mort, les blessures de ses proches camarades.
De retraite en retraite, sa compagnie se retrouva en Grèce, près de Karasuli où elle subit les bombardements des artillerie et aviation ennemies.

En février 1917, le caporal Pimont rejoignit l'école d'élèves officiers de Saint Cyr, où il reçut le grade d'aspirant, avant de rejoindre sa compagnie sur .le front d'Orient. Déclaré inapte aux combats, il fut rapatrié en France et affecté au service des effectifs du 50 ème régiment d'infanterie de Périgueux. En reconnaissance de ses faits d'armes, il f u t décoré de la croix de guerre le 1 I novembre 1918
Réformé temporairement le 29 mars 1919, l'aspirant Pimont fut promu sous lieutenant et démobilisé le 13 juillet 1919. Lors d'une permission, Martial Pimont convola en justes noces à Périgueux avec Marie-Louise Lamoure.
De ce mariage naquit un seul enfant : Jean né à Monpont sur Isle (Dordogne) le 29 mai 1920.
Monsieur et Madame Pimont exercèrent, l'un et l'autre le métier d'enseignants, jusqu'en 1927 dans la région Périgourdine, puis à Rio-Salado, dans l'ancien département d'Oran.
Ils se fixèrent ensuite à Palikao en 1929, où ils furent nommés lui directeur de l'école primaire de garçons et elle directrice de l'école primaire des filles, fonctions qu'ils exercèrent jusqu'à leur retraite, laissant le souvenir de pédagogues dévoués, consciencieux et compétents.

Lors de l'entrée en guerre de 1939, Martial Pimont fût rappelé sous les drapeaux, en qualité de capitaine de Réserve et affecté à Perrégaux A son poste d'enseignant il fut provisoirement remplacé par son fils Jean, alors élève à l'école normale d'Oran.
Martial Pimont avait d'autres " cordes à son arc " :
Il fonda, en 1934, la section des anciens combattants de Palikao, dont il devint ensuite le Président d'honneur.
Il exploita au sud de Palikao, une petite principalement viticole de 27 hectares environ, à laquelle on accédait par la route menant à Cacherou.. Cette propriété comportait à l'origine des terres totalement incultes, acquises par lui en 1932 et 1937, puis patiemment défrichées et opportunément complantées en vignes et oliviers. Monsieur Pimont était heureux dans son activité de " petit colon "
Passionné de recherches archéologiques et instigateur des fouilles entreprises à la sablière de Palikao dans les années 50, il fut nommé Conservateur du gisement préhistorique de Tirennifine et sous régisseur des Monuments historiques de Palikao.
Après la fin de la guerre 39/45, il fut élu Maire de Palikao. Tant dans cette fonction que dans sa vie courante, Monsieur Pimont fit preuve d'humanisme, ainsi que d'esprit libéral et patriotique. Certes il avait quelquefois son franc parler au risque de déplaire à certains.
Monsieur Pimont, ainsi que son épouse et leur fils Jean aimaient profondément Palikao, leur Pays d'adoption.
Au titre de ses activités professionnelles et publiques, il fut conféré à Martial Pimont les distinctions de directeur d'école publique honoraire, de chevalier de mérite agricole, d'officier de l'instruction publique et de chevalier de la Légion d'Honneur.
En 1962, Monsieur et Madame Pimont quittèrent Palikao pour se fixer successivement à Mussidan (Dordogne) puis à Hendaye où ils décédèrent, le mari le 9 mai 1970, et la femme le 6 février 1979 laissant qu'en seul enfant : notre regretté ami Jean, ravi à l'affection des siens à Hendaye le 3 avril 1988.
Jean Pimont était époux de Sylvette Noguès, originaire de Mascara . De leur mariage naquirent trois enfants : Jean, Michel (polytechnicien) né à Mascara le 19 mai 1958, Françoise née à Mascara le 17 mai 1961 Et Pierre né à Saint Jean de Luz le 19 septembre 1966.

Robert Pérès .
Quitter