L'église Saint Charles

Erection canonique de la paroisse Saint-Charles-Borromée le 11 août 1875. Le 28 novembre1877, autorisation du Ministère de l'intérieur pour le transport gratuit de cinq caisses contenant des statues, un chemin de croix, des vases et des ornements sacerdotaux donnés par le général de division Montauban pour l'usage de la future église du centre de Palikao. Inventaire du 22 juin 1908, effectué en présence de l'abbé Mollard, curé et M. Geoffroy président du bureau des Marguilliers. Bâti sur le lot n° 527 du plan d'une superficie de 5
ares, concédé par décret du 25 mars 1900, une cloche en haut de la façade.
En avril 1921 Palikao eut la visite de Monseigneur Durand, il constata l'agrandissement de l'église qui se voit doté d'une grande sacristie qui fait aussi office de salle réunion.
Le 30 mai 1939, bénédiction de l'église en la fête de Notre Dame d'Afrique. Devant une assistance nombreuse, au premier rang de laquelle l'administrateur de Cacherou, Mgr Durand se plut d'abord à décerner les plus beaux éloges au maire et aux bienfaiteurs, surtout au dignitaire Escolano. Mgr rappela qu'il n'y avait qu'une bâtisse construite en 1873 par le Génie militaire, ayant 5 mètres de haut à la clé de voûte, 7,50 mètres de largeur, sur 12 de longueur, sacristie comprise.
En 1933, le chœur fut prolongé avec en plus la nouvelle sacristie. En 1934, le clocher abritait trois cloches.
En décembre 1938, l'œuvre était reprise à ses fondations et ce fut vraiment une nouvelle église, si gracieuse avec son arc de triomphal mesurant 25 mètres de long, dont 5 mètres de sacristie, sur 7, 50 mètres de large et 8 mètres de haut à la clé de voûte. Il fallait 120 000 francs, ils furent donnés et maintenant se dessinait le rêve d'un bel autel de marbre.
Avril 1949. Le Grand Retour.
L'émotion fut profonde quand tous les fidèles du village de Sonis, chantant le Parce Domine, les bras en croix, traversèrent la double rangée des gens de Palikao faisant un long cortège pour recevoir pour recevoir Notre Dame de Santa Cruz. La statue prit place dans un magnifique tabernacle de verdure dressé au milieu de la Pépinière et la transmission eut lieu dans un cadre grandiose de lumière, sur un horizon immense et limpide, ce qui facilita les prises de vues cinématographiques. De délicieux petits Anges blancs jetaient des fleurs à la Vierge, tandis que la foule l'acclamait par de pieuses invocations. La procession se forma et la statue fut portée en triomphe jusqu'à l'église décorée avec un goût et une délicatesse admirables. Le reposoir, qui reçut la protectrice de l'Oranie était orné d'œillets blancs se détachant sur un fond bleu royal. Acclamations, prières et cantiques se succèdent sana interruption jusqu'à minuit. Le Curé célébra la grand messe dont les chants furent exécutés avec maîtrise par les petites filles du Catéchisme. De nombreuses communions ponctuèrent la cérémonie et les fidèles quittèrent l'Eglise comme à regret, les yeux et les oreilles charmés. Le lendemain matin eurent lieu plusieurs messe basses, dont celle des enfants. Dans l'après midi s'organisa la procession de départ. La Vierge fut conduite jusqu'à la sortie du camion où eut lieu sur un camion superbement décoré, l'embarquement pour Uzès le Duc. Les petits anges et la chorale entouraient la statue. Plus de trente voitures et camions la suivaient, transportant une partie de la population priant et chantant les louanges de Marie tout au long de la route.
Visites paroissiales de Monseigneur Lacaste.
1951. Un soleil splendide d'autant plus apprécié qu'il vient après l'orage, préside à la cérémonie. En rangs parfaitement ordonnés les enfants accompagnent le chef du Diocèse à l'église. Ce sont eux qui prient à haute voix durant la messe et, par leurs chants, avec une piété traduisant une parfaite habitude et une minutieuse préparation, entraînant la foule des fidèles. Du rapport très objectif du Curé, il ressort qu'il y a dans cette commune un bon noyau de croyants et de pratiquants et un grand nombre de sympathisants, tous bien généreux quand il s'agit d'œuvres paroissiales ou diocésaines.
1954. S'il fallait une expérience pour fixer les dimensions de la future église de Palikao, elle fut faite ce jour là. La salle des fêtes accueillit l'assistance venue participer à la cérémonie de confirmation. L'architecture moderne de l'édifice, l'ornementation réalisée avec un goût très sur, autorisèrent les plus difficiles et même les plus avisés à ne pas sentir le dépaysement. Dans un rapport extrêmement bref, le Curé fixa le degré de la vie religieuse de ces 2000 baptisés répartis sur 100 000 hectares, ce qui obligeait le pasteur à accomplir quelques 30 000 km chaque année.
1957. Dans le nouveau département de Mostaganem, Palikao s'enorgueillit d'être une sous-préfecture. Dans le Diocèse d'Oran, la paroisse garde peut-être le privilège d'être la plus étendue et en tout cas celui de compter le plus grand nombre d'annexes : si Dombasles et Maoussa vont être pris dans l'itinéraire de la tournée pastorale, les autres centres - Sonis, El Bordj, Cacherou, Uzès-le-Duc ont envoyé leurs confirmands au chef-lieu. Les parents ont accompagné les enfants, plusieurs notables aussi sont venus. Ainsi à coté du maire de Palikao, voit-on, le maire de Sonis, le maire d'El-Bordj, et signe des temps, le Colonel qui commande le 20ième B.C.P., cantonné dans les parages. Le curé n'est ici que depuis cinq mois, mais il s'est mis à l'œuvre dés le premier jour. Il essaie sans toujours réussir à son gré de se partager entre ses communautés bien dispersées ; de se faire aider en utilisant le dévouement des catéchistes, en donnant une forte impulsion à quelques mouvements d'action catholique…
1960. L'église, fraîchement repeinte au dehors, se dressant au milieu d'une place récemment carrelée.