PALIKAO D’AUTREFOIS
Par Robert Pérès
(avec l’aide de
Christiane Serres-Moura, Guiguitte Serres Médina,
Frédéric Richarté et Charlot Ramirès
)
------
Préface
Tout d’abord, un grand merci à Jeanine Serres-Rérat
d’avoir, par son article sur le web, ravivé quelques souvenirs du Palikao
d’autrefois.
Comme elle l’espérait,ceux-ci en ont réveillés d’autres
qui, puisés dans nos mémoires, seront évoqués ci-après:
A ce sujet il y a lieu de rappeler :
- Par
décret du 28 janvier 1870, Palikao fut créé pour l’établissement, sans
obligation de résidence, de cinquante familles sur une superficie culturale de
Parmi les
familles de ces premiers concessionnaires on relève les noms de Ballavoine
(ancêtre de Mme Combes, mère de Raymond
Combes et Serres (probablement
ancêtre de Monsieur Joseph Serres)
Tous les
autres attributaires quittèrent ou vendirent
leurs concessions ou
décédèrent sans que leurs descendants
aient continué à vivre au pays.
- En
1874, à titre complémentaire, le village fut agrandi de
- En 1877 on
comptait 193 habitants à Palikao.
- En 1880 Palikao était érigé en commune de plein exercice
- Au recensement de 1886, on dénombrait à Palikao 880 habitants dont 296 français ,82 israélites naturalisés , 262 étrangers principalement espagnols , et 240 indigènes .
- A l'époque où Palikao devint chef lieu de Sous Préfecture, il y résidait environ 1000 habitants d'origine européenne et israélite et 4000 habitants d'origine maghrébine.
Les rues et les édifices publics et administratifs
Les diverses
activités qui y étaient exercées :
Jusqu'à 1900, les rues de Palikao n'avaient ni caniveaux ni trottoirs. C'est alors que la municipalité décidant de pourvoir certaines rues de ces équipements, procéda à une adjudication sur soumission cachetée, à l'issue de laquelle Monsieur Burlet fût retenu et chargé d'exécuter ces travaux d'équipement. Lesquels furent réalisés rapidement à la grande satisfaction des habitants du village.
Au cours des quelques lignes
qui vont suivre, nous allons, par la mémoire, parcourir les rues de notre cher
village pour désigner les édifices
publics et administratifs qui existaient ainsi que les diverses activités qui y étaient
exercées.
Commençons tout d’abord par la rue principale qui se
prolongeait d’une part, à l’ouest, par
la route départementale n° 11 menant à Maoussa puis Mascara et d’autre part, à l'est, par la route conduisant à Dombasle et Uzes le
Duc.
En façade de cette rue principale, il y avait
successivement, d’ouest en est:
A
droite : la distillerie Honnorat et
Fillon, le premier commissariat de police, le cabinet du géomètre Rouget, le
dépôt de matériaux Tordjman, le cabinet du docteur Nahon, sur un terrain vague dans une baraque en bois le petit commerce de
bonbons du dénommé Aron (sur ce terrain
étaient installées les baraques foraines et les rares cirques qui venaient se
produire au pays ) ensuite le café Coulot, la bourrellerie Blazy, la librairie Filleull, l’épicerie Bettan, la
pharmacie Mirailles ( ex Bardy), la
coopérative d’alimentation gérée par Soum, le marchand de tissus Charbit, le
salon de coiffure Richelieu de Ramirès (anciennement Gomez), le marchand de
bonbons qu’on surnommait Chautemps, le café Loudcher ( ex Tordjman, Bernard
et Richarté) , la gendarmerie, le
cabinet du Docteur Vuillemet (ex bazar
Korchia), l’épicerie Benchimol, le salon de coiffure Bartolo Léon, la
bourrellerie Bettan, la boulangerie
Salducci, dans la cour Régnier-Tourvieille à laquelle on accédait par un
couloir: l’ancienne salle des fêtes transformée par la suite en cinéma par
Saunier et Léon , plus loin l’ancienne poste
et le commerce de bonbons de Madame Imbernon.
A gauche :
la station de service Ramirès, l’ancien hôtel Noguès, l'ancien café
restaurant Noguès la mairie avec sa
place et le kiosque , le commerce de lait,vins et tabacs de Mme Chatenay, le
café Pichon ( ex Pussolo et Drouot) au
fond d’une cour: la forge Mas et la menuiserie Dura , puis la boulangerie
Espinoza, la compagnie algérienne ( ex boutique Grably) une pharmacie tenue par
un indigène, un commerce de bonbons tenu par Marie Bonbons, la menuiserie
Benarroch, l’atelier de mécanique Krister, la boulangerie Sempéré, le négoce
Dayan, la quincaillerie Bettan, le distributeur d’huiles et d’essence ….? , le
salon de coiffure Fourcade, le restaurant Gogué , la brasserie Fourcade ( ex Joseph Tordjman) plus loin le
moulin Jaulent et la laverie Storas.
Continuons d’abord par les rues parallèles à la rue principale, où
il y avait successivement :
Au-delà de la rue principale de nord à sud :
Sur la 1ère rue : le garage Richarté,
l’atelier Moréno et les entreprises de maçonnerie Diaz et
Noguès.
Sur la 2ème rue qui donnait accès au boulodrome , le cabinet du docteur Pavillard , l'entreprise
de maçonnerie Léon, l'atelier de couture de Marie Léon, et le commerce de
matériaux Vandroth
Sur la 3ème rue qui donnait accès au
court de tennis , la perception ,le presbytère, la nouvelle justice de paix , le
bâtiment communal dont partie servait au logement des gardes champêtres et le
surplus avait été occupé d’abord par
l’ancienne usine de fabrique d’électricité exploitée par Monsieur Delerieu et ensuite par les frères Moréno , puis par la classe de
l’instituteur Sarlabrous, ensuite par
une annexe de la mairie pendant la guerre 39/40, et à l’emplacement de laquelle
fut construit le commissariat de police . puis en face la laiterie Richarté, l’école primaire des
garçons, l’ancienne justice de paix sur l’emplacement de laquelle furent
édifiées les logements des directeurs d’école , enfin l’école des filles , en
face de laquelle se trouvait un marabout .
Sur la 4ème rue qui menait au grand
lac : la sous préfecture et plus loin la
coopérative oléicole .
Sur la 5ème rue l’ancienne commune mixte , le cabinet de
l’avocat Patrimonio, l’église , l’arrière de la salle des fêtes , l’exploitation
horticole Pérès, (anciennement Chatenay)
l’étude de l’huissier Zakine .
Sur la
6ème rue qui donnait sur le marché la menuiserie Dura,
l’entreprise de transports Métivier et
au fond l'abattoir .
Au déça de la
rue principale de nord à sud :
Sur la 7ème rue : le moulin Pellicer, la nouvelle poste, la forge Allègre, en face le terrain vague sur lequel il y avait ses charrettes, le fondouck, la forge Compan.
Sur la 8ème rue : l’entreprise de
battage Saunier, le premier cabinet du Dr Pavillard ,qui faisait office de
pharmacie , avant la création de la pharmacie Bardy.
Poursuivons par les rues perpendiculaires à la rue
principale, où d’ouest en est, il y avait :
Sur la 1ère rue par laquelle on
accédait au lavoir et au château d’eau : la pépinière Pérès
.
Sur la 2ème rue qui bordait la place de la mairie et celle de
l’église , l'armurerie Chaintron qui devint ensuite l’atelier de menuiserie
Benarrouch .
Sur la 3ème rue , prolongée par la
route menant à Cacherou: la forge Allégre, la serrurerie Velu , le garage
Vergobbio .
Cette route était traversée par la ligne de chemin de
fer à voie étroite de Tizy à Uzès le Duc qui fut supprimée avant la guerre de
39/45. Dans l’ancienne gare dont le chef était Monsieur Long une école de cours complémentaires fut
aménagée. C’est sur cette route que se trouvait la cave coopérative
vinicole.
Sur la 4ème rue : la maison du colon
et le commerce de distribution d’huiles et d’essences de Charlot Ramirès, la
place de la mairie, puis celle de
l’église, le commissariat de police à l’angle et enfin l’entreprise de travaux
agricoles Compan.
Cette rue qui menait également au cimetière se
prolongeait par la route menant à Sonis et à El Bordj.
Sur la 5ème rue : l’entreprise de
maçonnerie Pape , la menuiserie des frères Julia, la modiste Andraud,la
quincaillerie Andraud et Vezan puis Andraud , le ferblanterie Amiach, au fond
d’une cour la synagogue, la cordonnerie Afriat, l’atelier de cycles Rouech puis
Ramires, une charcuterie et un marchand de glaces, la bourrellerie Payrastre,
l’ancienne étude d’huissier Zakine, l’étude des notaires successifs
Duranwachter, Paradis, Ferrand, Armengau, Wild et Barland
.
Sur la 6ème rue qui menait au petit lac et au marché qui se
tenait le mardi: la menuiserie Dura
l’atelier mécanique Briand. et la prison .
C'est devant cette prison qu'en 1937 fut dressée la guillotine. qui à la lever du jour avait servi à trancher le coup de l'assassin de Madame Boulanger ce , devant une foule considérable.
La guillotine avait ramenée d'Oran par train .
Sur le procès verbal il était parait-il mentionné que l'exécution avait faite par Monsieur Dalger. On disait également que le véritable nom du technicien n'était pas mentionné afin d'éviter la vengeance de la famille du guilloltiné .
En résumé, le village de Palikao était composé d'une rue principale et de quatorze rues secondaires tracées , huit dans le sens ouest-est et six dans le sens nord sud .
Les activités rurales
:
Dans la région de Palikao
on pratiquait principalement la culture
de la vigne et des céréales, ainsi que chez les indigènes l'élevage des moutons
.
Certains colons vinifiaient
dans les caves édifiées près de leurs fermes .
D'autres étaient adhérents à
la cave coopérative où ils livraient leurs raisins . Cette coopérative était
dirigée par Monsieur Lillo ,aidé par Monsieur Rauzy.
Il y avait, au sud du
village, quelques jardins maraîchers, dont certains étaient irrigués
notamment par les canaux des deux lacs
Quant aux oliviers et arbres
fruitiers leur culture n’était qu’accessoire. Les récoltes d'olives étaient
traitées en huile ou conserves à la coopérativbe dirigée par Monsieur Yvars .
Parmi les exploitants
agricoles européens on peut citer de mémoire les noms de Albacète, Albet, Batana, Bettan, Candau,
Charrin, Chapeau, Chevassut, Combes,
Ferrer, Fantoni, Font, Fourment, Garcia,, Geoffroy, Gerard, Gomez, Maigron,
Marty, Mayet, Mestre, Meyer, Moralès, Pédebas, Pellicer, Pérès, Pimont, Pobeda, Poujade, Povéda,
Radicich ,Richarté, Salvat, Serres, Storas,Tordjman, Tourvieille, Vignau,
Vuiller,
Les familles et personnes ayant vécu à
Palikao ;
Palikao était peuplé d’environ un millier d'européens et
israélites dont certains ont disparu ou quitté le village, avant l’indépendance.
Parmi les noms patronymiques de ceux y ayant vécu, il y a lieu de citer ceux
d' :
----Abismil, Afriat, Aknine, Albacète, Albet, Allègre, Amat, Amiach,
Amoros, Amsallem,Andraud, Anoun, Antibi, Armengau, Arrivex, Auguéro,
Azerad,
----Badia, Bagatte, Ballavoine,
Bardy, Barland, Batana, Benarouch Benavent, Benchimol, Bénichou,Benguigui,
Benhamou, Bensoussan, Bensadoun, Bentito, Bernard, Bettan, Blanchard, Blazy,
Bouillé, Bonilla, Boulanger, Brévune, Briand,
---Candau, Cano, Carillo, Cassius,
Capelle, Casanova, Cerf, Chacone, Chaintron, Chapeau, Charbonnier, Charrin,
Chatenay, Coderens, Combes, Compan, Constanso, Coulot, Coutens,
----Dahan, Darmon, Dayan, Delerieu, Deleuze, Degeilh, Demas,
Deprados, Devouge, Diaz, Dorvaux, Dura, Durandeux,
----El Baz, Espinoza, Estévan,
Estève, Estrade,
- ----Fantoni, Farré, Feutrier, Ferrand, Filleule, Font,
Fourcade, Fourment,
----Gache, Gaetano, Galiana, Garcia,
Garson, Geoffroy, Gérard, Gil , Gomez, Gonzales, Grably, Gratia, Guglielmi,
Guillermin,
----Hernandez, Hermitte,
Honnorat,,
----Ifrah, Imbert, Imbernon,
----Jaen, Jaulent,
Julia,
----Kappès, Klein,
Korcia,
----Laffite, Léon, Leroy, Lillo,
Lioret, Linck, Loudcher, Lloubérès,
Long,
----Maestre, Maigron, Marbouty,
Martin, Martinez, Martino, Marty, Mas, Matuf,
Mathot, Mayet, Médina, Merkel, Mestre, Métivier, Meyer, Miraillès, Molla, Monteillet, Moralès,
Moréno, Moréra, Moulès, Moura, Muriana,
----Neric,Noguès,
----Ober,
Otter,
----Pape, Paradis, Parizot,
Pavillard, Payreastre, Pédebas, Pellicer, Pénalver, Pérès, Pérez, Perrault,
Pichon, Pimont, Planques, Poujade, Pobéda, Povéda, Prono,
Puysservert,
----Quillet,
Quintanilla,
----Radicich, Ramirès, Rauzy,
Reuillon, Richarté, Riquelme, Roda,
Roigt, Rodriguez, Ros, Rouech, Rougé
----Salducci, Salvat, Sarlabrous,
Saunier, Selles, Sempéré, Serres, Schaeffer, Seva, Soum, Soyé, Sportouch,
Storas, Sultan,
----Tangé, Tapiéro, Tartivel, Tellier,
Teysseire, Tobelem, Tordjman, Tourvieille,
----Valléjo,Valéro,Vandroth,Vargas,Velu,Verga,Vergobbio,
Vezan, Viel,
Vigouroux, Vignau, Vuillier,
----Wild, Wolff,
---Xelo,
----Zapata,Zakine
.
Il est plausible que
certains noms aient été omis . Que les personnes concernées directement ou
indirectement par cette omission soient
persuadées qu'elle ne résulte que d'un simple trou de mémoire
.
Les
lacs.
Palikao était approvisionné en eaux
potable et d'arrosage par ses deux lacs
, situés dans la partie nord du village .
Ces deux lacs étaient alimentés par de
nombreuses sources artésiennes qui jaillissaient sous les plans d'eau eux-mêmes. Ils étaient
entourés de grands arbres d'essences diverses ,notamment par des pins et des
eucalyptus .
A l'origine ces plans d'eau formaient de vastes marécages que le génie
militaire aménagea lors de la création du village de
colonisation.
Le lac
supérieur ou " grand lac" :
Dans sa partie centrale-ouest se trouvait , de forme ovale,
une petite ile de quelques mètres carrés et sur laquelle végétaient des arbres
et hautes herbes .
Une partie de l'eau de ce grand lac
était pompée et dirigée sur le château d'eau où elle était traitée pour devenir
consommable .
Des canalisations publiques
alimentaient par dénivélation la plupart des habitations du village
.
Chaque année à l'automne, la commune
faisait procéder au curage de la vase
afin d'assainir l'eau et déviter l'obturation des sources artésiennes
.
Le trop-plein du lac se déversait dans
deux canaux qui alimentaient par
dénivellation le lavoir ainsi que les jardins maraichers qui se trouvaient au
sud du village .
Ce grand lac était un lieu de promenade
des Palikalois qui parcouraient son contour sur
un chemin pietonnier emprunté
quelquefois en bicyclette par les enfants ..
L'écorce tendre des eucalyptus était
sculptée de messages anonymes divers .
Le lac
inférieur ou " petit lac " :
A l'origine il servait à
abreuver les bestiaux Un canal dans
lequel se déversait son trop plein
rejoignait par dénivellation l'abattoir puis se poursuivait jusqu'à la
ferme de Raymond Combes, arrosant sur son passage quelques jardins maraichers .
Ce canal en partie souterrain figurait
sur un ancien plan du village .
Au bord de ce petit lac on y
rencontrait quelquefois des barbiers arabes qui
rasaient le crâne de leurs clients ou encore appliquaient sur leur nuque
des sangsues qui provenaient des eaux marécageuses voisines
.
Dans les années 50 , une partie de ce
petit lac fût amenagé en piscine Le surplus fut assaini . La nuée de moustique qui le rendait insalubre diminua
considérablement .
A propos de
ces deux lacs ,il y a lieu de rappeler
l'article partu dans l'Echo d'Oran du 30 mars 1889 :
En voici les termes :
" Les eaux qui alimentent Palikao sourdent de deux cuvettes situées en amont du village et formant ce qu'on appelle là bas le lac inférieur et le lac surpérieur .
"Or,ces deux lacs sont transformés
en générateurs d'effluves pestilentiels, au point que la fièvre paludéenne a
fait irruption sur tous les habitants et qui'en trois mois , disait le "Reveil
de Mascara" dans un numéro de 1886 , il
y avait eui 30 décès ."
" Une situation aussi déplorable
aqppelait naturellement un prompt remède ."
" Il y a cependant trois ans que cela
dure et, pendant ce temps ,, la faucheuse ne s'est pas reposée et le cimetière
continue à s'emplir ."
" Il ne faut pas croire pour cela que
l'administration soit restée inerte ou indifférente . Non ! elle a réuni
commission sur commission , elle a consulté Pierrre et Paul , elle a fait
dresser projet sur projet , mais jamais encore elle n'a pu arriver à contenter
la municipalité , le syn dicat et les habitants de
Palikao."
" On avait eu d'abord l'idée de combler
les lacs , dans l'espoir de faire disaraître le mal avec la cause."
" Les habvitants n'ont vulu à aucun
prix d'un remède qu'ils considéraient comme pire que le mal , la conséquence
inévitable était de voir sinon complétement aveugler les sources , du moins
grandement diminuer leur débit , et alors plus d'irrigations , plus d'élevage de
bétail dans un centre qui ne compte pas moins de 1000 têtes de gros bétail et
2000 moutons."
" Ce projet qui était celui préconisé
par le conseil d'hygiène départemental avait été l'objet des mêmes critiques de
la part du Service des Ponts et chaussées qui pensait qu'on pouvait arriver à un
résultat aussi satisfaisant par le curage des laccs et la constrruction d'un
barrage . Il avait présenté un projet en ce sens , lequel avait en outre le
mérite de coûter beaucoup moins cher que celui tendant à combler les lacs ."
" L'administration avait donné son
assentiment au projet des Ponts et chaussées et la mise en adjudication était
annoncée pour le 10 avril dernier , lorsqu'au dernier moment la municipalité
prise d'effroi, ne sachant pas en quoi consistaient les travaux qu'on allait
adjuger , a demandé la communication du projet et le renvoi de l'adjudication
jusqu'à ce qu'elle pu juger si tous les intérêts de la population , salubrité
d'un côté et conservation des sources de l'autre, étaient bien ménagés ."
" Il en a été fait selon sa volonté et
en attendant voila un retard bien regrettable ."
" On ne voit guère quel terme moyen il
est possible de prendre pour combler les lacs, ce qui serait un désastre d'un
autre genre¸ou essayer d'un curage, ainsi que le propose l'administration des
Ponts et chaussées ."
" Si ce moyen ne réussit pas à ramener
la salubrité si désirée, on sera toujours à temps de recourir au moyen extrème
que voudraient voir appliquer les défensxeurs accrédités de l'hygiène
publique."
" Que la municipalité de Palikao
permette donc de lui donner cet huimble conseil , c'est de laisser entreprendre
plus tôt les travaux projetés ,sauf ensuite à trouver mieux si , après leur
éxécution l'état sanitaire ne s'améliore pas , comme on l'espère ;"
L'adjudication sur soumission eut
vraisemblabement lieu, les travaux furent exécutés , le mal fût progressivement
éradiqué et le nombre des décès diminua sensiblement .
Avec la quinine le paludisme
disparurt au cours des années 1930./1940
Les
divertissements :
Dans
le Palikao d'autrefois ,les
divertissements habituels étaient peu nombreux . La radio était presque
inaudible et , avec quelque chance on pouvait écouter de temps à autre avec un
peu de chance Radio Alger et Radio
Andorre .
Les
seuls lieux quotidiens de distractions
étaient les bars qu’on appelait là bas
" les cafés " et le boulodrome.
Il y
avait le tennis pour un très petit
nombre de pratiquants et le footbal pour les sportifs et leurs
supporters.
Les dimanches,
en début de soirée, les jeunes se promenaient en petites bandes sur la rue
principale du village. Cela s’appelait
"faire le boulevard". .Il s’agissait vraisemblablement d’une vieille habitude
importée d’Espagne.
Dans les années 50, une partie du petit lac avait été
aménagée en piscine. L’été on s’y rendait,
dans la journée pour faire "trempette" et le soir en famille ou entre amis pour danser ou écouter de la
musique.
Avant l’aménagement de la piscine, le seul endroit où
l'on pouvait se rafraichir était le
bassin dépendant de la propriété Chevassut, située sur la route de Cacherou
.
Grâce aux bonnes volontés et au dévouement de certains
animateurs au nombre desquels on peut citer Charlot Ramirès ou encore Margot
Geoffroy ( le rappel de leurs noms n'est pas exhaustif) des fêtes étaient
organisées annuellement : fête du village, fête du S.A.P., kermesses des œuvres
paroissiales . Des bals étaient également organisés dans la salle des fêtes ou
sur le court de tennis .
Quelques exceptionnels divertissements laissèrent
d'excellents souvenirs à la population , surtout lorsque des orchestres de
réputation internationale venaient les animer tel que celui de Mendizabal
.
Certains Palikalois pratiquaient la
chasse ou allaient à la pêche en rivière .
En été quelques rares familles
immigraient sur les plages du bord de mer.
Avant la guerre de 39/45 d'une manière
habituelle , le lundi de pentecote , les familles catholiques de Palikao se rendaient en grand
nombre à un endroit qu'on appelait le moulin Alba .
Cet endroit était situé au bord d'une
rivière ,sur la route allant à Uzes le Duc .
On y pique-niquait jusqu'à la tombée de
la nuit , quelques uns allongés sur l'herbe
faisaient un brin de sieste , d'autres jouaient au foot ou à d'autres
jeux , d'autres encore pêchaient , c'était très convivial .
Ces belles journées resserraient les
liens d'amitié entre les Palikalois
.
Il est regrettable que cette coutume
n'ait pas été reprise après la guerre
.
Les
cafés :
A l'origine il y avait cinq cafés à
Palikao , l'un d'eux cessa son activité dans les années trente , il s'agit du
café Noguès qui se trouvait à l'emplacement de la villa Henri Font
Dans chacun des quatre autres qui restèrent ouverts
jusqu'à l'indépendance il y avait un billard
français , c'est-à-dire à trois boules . Parmi les meilleurs joueurs il y
a lieu de citer: Monsieur Honnorat et Joseph Povéda .
Les jeux de cartes qui étaient habituellement pratiqués
dans ces cafés étaient: la belote et la réussite.
Après la guerre de 39/45 les cafés Coulot et Fourcade
organisèrent quelques bals .
Les
boules
A Palikao , comme dans la plupart des villages et
faubourgs des villes d’Algérie , on pratiquait non pas la pétanque , mais le jeu
qu’on nomme «la longue » ou encore
«
En semaine après le travail et le dimanche, les habitués
se réunissaient au boulodrome. Ils y formaient des quadrettes qui
s’opposaient jusqu’à la tombée de la
nuit. L'enjeu était la tournée d'anisette à la charge des perdants
.
Des concours
avec primes étaient quelquefois organisés, notamment pendant les fêtes du
village.
Parmi les meilleurs boulistes du village il y a lieu de citer : Marceau Hernandez,
Maurice Noguès, Christian Soum, Auguste Richarté ,
A l'instigation du curé" Escolano , deux
troupes furent créées avant la guerre 39/ 45:
L'une qui comprenait trois patrouilles
,
Et l'autre des guides
Une grande partie de la jeunesse palikaloise
y adhéra
Quelques rassemblements récréatifs eurent
lieu en présence de la population .
Le successeur du curé Escolano qui n'avait
aucune affinité avec la jeunesse , provoqua la dissolution de ces troupes
.
C'est à l'instigation , notamment du regretté Jean
Pimont que la municipalité fit aménager , avant la guerre 39/45, un
court en limite du boulodrome.
Aucune structure sportive ne fut créée pour promouvoir et développer le tennis
qui n'était pratiqué que par quelques Palikalois .
Ce court de tennis était affecté à d'autres usages
:
Il servait de
terrain de foot aux enfants qui réussissaient à y pénétrer malgré la clôture qui
l’entourait.Des soirées récréatives furent données après les années de guerre
39/40.Des bals furent organisés après la
guerre de 39/45 . L’orchestre Jacques Vidal d’Oran les
animait.
Le
foot :
En
Algérie , le foot était tout autant populaire qu'en Europe . Les gamins jouaient
au foot , un peu partout , sur les places publiques , sur les terrains vagues ,
dans les rues , avec à défaut de ballon
une boule de chiffons ou encore une boite de sardine .
Palikao
avait son stade aménagé à l'origine dans
le sens ouest-est , sans gradin ni clôture.
Nous n’avons pu savoir en quelle année le S.A.P. ( sport
athlétique de Palikao) fût créé .Probablement en 1937. Ce qui est
certain c’est qu’il existait dans les
années trente. et participait avant la guerre 39/45 à divers championnats secondaires .
Après la guerre
Monsieur Raymond Combes prit en mains les destinées du club qui réussit à accéder en promotion
d’honneur.
A l’initiative de Monsieur Honnorat et avec le concours
de quelques bonnes volontés, un stade avec gradins fut construit.
Ce nouveau stade s'étendait dans le sens nord sud
.
Parmi les joueurs du SAP qui se distinguèrent, il y a
lieu de citer; Verga, Nénes Vignau, Gustou Tourvieille, Raymond Povéda ,
Honnorat fils, Planchon,
Il y a
lieu de rappeler que les supporters de Palikao, comme certains
d'autres villages ,n'avaient pas une bonne réputation dans le monde
"footbalistique " Pour cause les débordements de certains tels que déshabillement d'un arbitre sur le
stade ,l' affaire du Pont de Sonis .qui fit l'objet d'un article paru dans l'écho d'Oran .
On peut
,aujourd'hui sourire de ces faits déjà si lointains !…
Les " afficionados" de la chasse étaient nombreux à Palikao .
Ils la pratiquaient notamment
dans les Djebels de Nesmoth ou encore dans la plaine du cinquante où les perdreaux lapins lièvres et sangliers
constituaient leurs tableaux de chasse que chaque groupe avait plaisir à
exposer lors de son retour au village
.
Parmi les meilleurs chasseurs , il y a lieu de citer les noms de Gonzales, Espinoza, Richarté, Blanchard, Saunier, Mestre, Vignau
et le champion toutes catagories Mémé
Serres
Les chasseurs emmenaient quelquefois leurs furets qui étaient chargés de
faire sortir les lapins des trous où ils s'étaient réfugiés
.
Dans la plaine s'étendant jusqu'à Cacherou , on y pratiquait la nuit et
en petit groupe la chasse aux calandres
ortolans et cailles.
A toute époque de l'année , les gamins
chassaient les petits oiseaux tels que chardonnerets, verdiers , moineaux , avec
un lance pierre auquel avait été donné le nom d' "estaque"
.
La pêche en rivière :
Certes elle ne générait pas autant d'engouement que la chasse, le poisson
de rivière ( les barbots) pleins
d'arêtes n'étaient que très peu
cuisinables .
On allait à la pêche pour le plaisir et l'occasion de déguster un bon
casse crôute, mais jamais pour le poisson qu'on rejetait à la rivière
.
Les lieux les plus fréquentés dans la région de Palikao étaient le
barrage de Medjaref, l'oued Haddad , l'oued el Abd et
Les plaisirs de la mer :
Peu de Palikalois pouvaient profiter des plaisirs de la mer , en raison
de l'éloignement des plages . Il fallait parcourir plus d'une centaine de
kilomètres pour se rendre aux plages de
Un petit nombre possédait ou louait des
cabanons édifés sur pilotis en bordure
des plages .
La société de musique :
Palikao d'autrefois pouvait s'enorgueillir de sa société
philharmonique qui était dirigée d'une main de maître par Monsieur Alexandre
Jaulent .
Cette société comprenait une cinquantaine
d'amateurs dont la plupart avaient été
formés par le chef Jaulent.
Parmi ceux-ci se
distinguèrent les Bonilla, Coulot, Métivier, Saunier, Allègre, Darmon, Bettan,
Xelo, Richarté, Estévan, Pobéda, Compan, Charbonnier, Tordjman, Ramirès, Micéli,
Charrin, Dorvaux, Mas, Espinoza, Salducci, Thomas, Tourvieille,
Dura.
Sous la direction de Monsieur Jaulent, une partie de ces
musiciens animait mensuellement un bal en la salle des fêtes dont il est question
ci-dessus.
C’est dans cette salle des fêtes qu’avaient lieu les
répétitions de la fanfare et de l’
orchestre ainsi que les cours de
solfèges que Monsieur Jaulent donnait bénévolement aux futurs musiciens
.
En 1930, lors des cérémonies de commémoration du
centenaire de l’Algérie , la fanfare de Palikao défila avec succès à
Oran.
Cette même fanfare participa à de nombreux concours
philharmoniques, notamment à Alger, Fort de l’eau, Affreville, Mostaganem.
Pendant la guerre de 39/45 les activités de cette société furent suspendues.
Le décès du chef Jaulent empêcha de les reprendre.
Dans les années 50 un orchestre de jeunes se forma . En firent partie notamment ; Christian Soum , Marie-Claude Batana , Fourcade ,Benhamou .
Les fouilles de la sablière
:
La sablière était un lieu
où, avant ces fouilles , les enfants s'y rendaient en groupe et sous la
suveillance de la maitresse de la classe maternelle , pour y cueillir des joncs
qui taillés en d'égales dimensions et réunis en petits paquets permettaient
d'apprendre à compter .
Ces fouilles suspendues pendant
quelques mois , furent reprises en juin 1955 , sous la direction de Monsieur
Arambourg, professeur d'histoire naturelle et de paléontologie au Muséum de
Paris . Monsieur Arambourg avait découvert ce gisement alors qu'il était
professeur à l'école d'agriculture de Maison-carrée .
80 ouvriers , dotés d'un matériel
moderne ( perforeuses et tamis hydrauliques) étaient employés à ces travaux de
recherches , souvent sous la surveillance de Monsieur Pimont
.
Ces recherches ( dont l'emplacement et
l'importance étaient connus du monde entier) se rattachaient notament aux
découvertes en Afrique du Sud des
éléments qui dataient du commencement de la période quartenaire , c'est-à-dire à
environ 450 millions d'années de notre ère .
En 1953 furent mises à jour des
mâchoires humaines d'un être voisin du Pithécantrope , différent de la race
humaine actuelle , qu'on appelle " atlantropoïde mauritanien" . On y découvra
également des outils et ustensiles en pierre taillée .
Au cours de la troisième campagne , les
fouilles avaient été élargies et les recherches méthodiques avaient permis de
découvrir des pierres taillées de la plus ancienne industrie connue de la
période chelléenne .
Mais les découvertes les plus
sensationnelles ont été celles d'un crâne d'un " éléphas atlanticus" muni de ses
deux défenses de deux mètres de long et d'une série d'animaux dont les espèces
ont disparues .
Monsieur Pimont fut nommé conservateur
de ces découvertes qui furent ensuite dirigées sur le Muséum du Bardo à Alger
.
Que sont-elles devenues ….?
Les événements d'Algérie et la tragédie
finale qui s'ensuivit mirent hélas un terme à ces recherches d'importance
mondiale .
Posteface
L'article qui précède contenant
vraisemblablement des lacunes , il serait souhaitable que la mémoire d'anciens
Palikalois contribue à les corriger ou les compléter .
Pour ce faire , il y aurait lieu de
s'adresser :
-
soit à Jean Roda qui est
l'initiateur du site de Palikao sur internet .
-
soit à l'amicale des anciens
de Palikao et de sa région , dont le siège est à 83000 Toulon, 31 avenue Franklin Roosevelt et dont la secrétaire est Christiane
Serres-Moura.
Le 30 novembre 2003 Robert Pérès
Quitter