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Pour ceux de Palikao qui ont autour de 70 ans. Vous souvenez-vous de votre village d’enfance? Avez-vous les mêmes souvenirs que moi? Souvenirs des sites, des maisons et des personnes, bien sûr? Comparons ensemble. Pensons aux sites et bâtiments communaux. Je me souviens de la vieille poste qui se trouvait au fin fond du village, et, dans le même quartier, de la prison isolée qui me semblait une véritable forteresse.. En face, vous vous souvenez tous de cet espace dénudé qui reprenait vie le mardi grâce au marché ? Par là aussi s’étendait le Petit Lac qui devait devenir plus tard la piscine dont tout Palikao était si fier. Ce petit lac où l’on attendait que la cloche de l’école nous appelle en cherchant sur les berges des feuilles d’arbres les plus nervurées et les plus ajourées par le temps de leur séjour dans l’eau. Moi, ces feuilles, je les gardais soigneusement rangées dans mes livres scolaires. L’école avait sa place en face d’un marabout tout blanc dont on avait grand respect. A notre époque, point de mixité à l’école où garçons et filles avaient leur cour de récréation respective bien que dans le même édifice. Je continue mon chemin pour arriver au Palais de justice qui n’a plus bougé d’aspect, je crois. Il jouxtait le tennis et le boulodrome. C’est précisément là que nous habitions, en face du boulodrome tout près de chez le Docteur Pavillard. Non loin, nous arrivions au « Grand lac» et à l’huilerie au toit arrondi et gris. Je me souviens de la vieille Commune Mixte qui n’avait rien d’un bâtiment officiel puisqu’elle se tenait tout simplement dans de vulgaires maisons-appartements. Plus tard, un bel édifice les remplaça. Si je descends vers le centre du village, je vois alors l’église sobre et sans grand style., la Mairie- salle des fêtes avec sa place que je voyais imposante avec son kiosque à musique haut perché. Là, tout près, de l’autre côté de la rue, s’élevait le monument aux morts avec son jardin autour. Dans la rue principale qu’y avait-il? Les quatre bars, en commençant par le haut: Coulot, Pichon, Loudcher (avec devant sa porte un lampo d’essence rouge que l’on activait à la main et qui m’épatait avec ses deux bocaux en verre qui s’emplissait et se vidait simultanément) et Fourcade. Dans cette rue se trouvaient la Coopérative (c’est-à-dire l’épicerie) tenue par M. et Mme Soum, la boulangerie de mon Grand-père, la gendarmerie et surtout, surtout pour nous, les enfants « Marie-Bonbons» avec sa table fabuleuse et coloriée à compartiments où s’amoncelaient bonbons, réglisse, gommes et cacahuètes. Il y avait aussi la petite menuiserie pourtant assourdissante de M. Benaroche., la maroquinerie ou je ne sais quoi de M. Bettan qui réparait les harnais et colliers de chevaux. Je revois cet outil dont je ne sais le nom qui se balançait au-dessus d’un réceptacle où se trouvait du crin. Cet outil qui se trouvait sur le trottoir servait — je crois- à carder le crin dont on faisait les colliers pour les chevaux. Ces derniers m’amènent à penser à la forge de M. Allègre, forgeron et maréchal-ferrant, qui passait son temps à réparer les charrettes ou à ferrer les chevaux. Dans une rue perpendiculaire, on allait souvent chez Mme Andraud : modiste- mercière et marchande de journaux. On passait devant la synagogue, le plombier Amiach et la quincaillerie Andraud Voilà un petit tour dans mon village des années de guerre à peu près. Certains de Palikao n’auront pas ces souvenirs, comme moi, je n’ai pas ceux dont on m’a parlé: le C.E.G, les immeubles en face de la prison, les Contributions directes etc.,, Chaque chose en son temps... Qu’en est-il aujourd’hui ??? Après les immeubles que je n’ai pas connus, il me vient à l’esprit des noms de personnages de cette époque. Ainsi, vous souvenez-vous de mon grand-père Laurent Espinossa qui se faisait entendre par tous, tant sa voix me paraissait grosse ? L’était-elle vraiment ? Tous les noms des villageois sont dans mon esprit mais je ne vous en citerai que quelques uns car ils se rappellent à mon bon souvenir à cause de faits bien précis. Vous souvenez-vous du secrétaire de mairie : M. Bettan qui a été poignardé sur le trottoir devant chez Combes? Et de M. Martin, le gardien de prison, lui aussi poignardé? Vous rappelez-vous de notre bon docteur au caractère quelque peu fantasque, M. Pavillard avec sa 202 Peugeot rouge? Vous souvenez-vous de Margot Geoffroy et de ses fêtes organisées presque chaque année pour tel ou tel événement? Rappelez vous du « Marché persan» au boulodrome, des Contes de Perrault à la salle des fêtes; de Jeanne d’Arc dans toutes les rues du village. Souvenez vous encore de Mme Pimont, notre directrice d’école que je trouvais énorme, et vous? Voilà des personnages qui m’ont frappée et dont je me souviens. Vous, avez-vous les mêmes en tête? Et les événements importants qui ont marqué notre village? A mon souvenir, il n’y en a pas des masses à mon époque, mis à part un de taille: l’épidémie de typhus en 1942, je crois. Vous souvenez-vous du nombre de morts? Ainsi va mon esprit, souvent dans notre village et mes souvenirs, et mes regrets. Regrets de ne pouvoir faire connaître à mes enfants et petits-enfants mon village natal. J’espère que mes souvenirs réveilleront les vôtres dont vous nous ferez part bientôt sur notre site. Jeanine Serres (vous vous en souvenez ?) maintenant Jeanine Rerat. Quitter
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